Un truc de fou !

Je ne sais pas si vous l'aviez déjà remarqué, mais lorsqu'il s'agit de caractériser quelque chose de génial ou magnifique dans des termes familiers, on utilise volontiers la terminologie de la folie. Un truc de fou. Un truc de malade. Un truc de taré. Un truc de dingue. Un truc dément. Au passage, il y a la quelque chose du même ordre avec la terminologie de la mort. C'était une tuerie. C'était mortel. Ça tue.
Mais autour de la folie, c'est particulièrement problématique. Rappelons que la folie (le terme est polysémique) est d'abord une maladie mentale qui touche des millions de gens en France. Et donc utiliser la terminologie de la folie pour qualifier quelque chose de « génial » ou de « formidable », c'est embêtant. Au passage, on genre en grande majorité la folie au masculin. On ne dit jamais « un truc de folle », par exemple. Ça dit quelque chose aussi de nos représentations, du sous-diagnostic chez les femmes, etc. Et alors que j'ai supprimé sans difficulté beaucoup d'expressions racistes, sexistes, homophobes de mon langage parlé, même familier, je remarque que je me fais souvent avoir par cette terminologie de la folie. Encore ce matin, en découvrant un nouveau site personnel et en m'apprêtant à partager « ce travail de malade ».
Une preuve s'il en est que ce sujet n'est pas encore suffisamment intégré en France, alors que la santé mentale est grande cause nationale en 2026, et l'était déjà en 2025. Si vous n'êtes pas familier·e de ces questions, je ne peux que vous conseiller l'excellent podcast Si besoin de Nicolas Demorand, lui-même atteint de bipolarité. Bonne écoute !