Mon retour sur le tour des Bauges à vélo

Voici un petit retour de notre tour des Bauges à vélo avec la petite famille. J'attendais ce moment avec impatience. Cela marquait le grand retour du vélo pour nous depuis la naissance de mon fils, et même de ma fille (même si on a fait ensemble 4 jours sur la Loire à vélo). Clairement, la réalité de la vie parentale nous a rattrapé et on a du revoir nos ambitions à la baisse côté cyclotourisme.

J'étais donc très enthousiaste. D'autant que le tour des Bauges, c'est le tour de « chez moi » : j'habite en Savoie depuis quelques années maintenant, c'était donc une sortie à domicile. Nous avions prévu 3 ou 4 jours pour le faire tranquillement.
Pour aller droit au but : j'ai été déçu 😢 Je crois même que je ne recommanderais pas ce tour des Bauges à vélo, surtout à des gens venant de loin avec leur propre matériel (vélos, carrioles, etc.). Voici pourquoi.
Une véloroute fonctionnelle, pas contemplative
Rappelons qu'une véloroute est en réalité une succession de portions de pistes cyclables. Et il faut le dire, la plupart des portions du tour des Bauges ne sont pas particulièrement belles. C'est probablement une histoire de moyens et de vision : la plupart des portions semblent avoir été pensées avant tout pour les déplacements du quotidien des habitants ou pour les cyclistes de route qui « tracent » et cherchent la performance.
Elles n'ont pas été conçues pour le cyclotourisme, c'est-à-dire pour la contemplation et le plaisir de rouler sans recherche de vitesse. Résultat : on passe souvent par des endroits peu inspirants. Par exemple, la portion entre Chambéry et le Bourget-du-Lac ne fait que suivre des routes et longer des zones industrielles. J'aime beaucoup avec le cyclotourisme le fait de découvrir de vrais lieux de vie, quitter les villes en passant par leurs banlieux, passer par des quartiers résidentiels, mais là, c'était un peu trop.
Retour d'expérience portion par portion
Chambéry – Le Bourget-du-Lac. C'est la pire section. En sortie de ville, on longe des usines, des routes, voire des autoroutes. On ne déconnecte pas du tout.
Le Bourget-du-Lac – Aix-les-Bains. En longeant le lac, c'est très agréable. C'est court (environ une heure), mais c'est joli.

Aix-les-Bains – Annecy. Il n'existe pas encore de liaison sécurisée pour cette portion. En famille, le vélo n'est pas recommandé. Nous avons donc pris le train pour rejoindre Annecy. En plein été, la ville est évidemment blindée, mais nous avons pu nous poser dans le parc près de l'hôtel de ville, ce qui était très sympa.
Annecy – Faverges. C'est de loin la plus belle portion. On sent que le tour du lac d'Annecy (du moins la rive sud que nous avons empruntée) est vraiment pensé pour le vélo et la contemplation. Les pistes sont larges, le paysage est magnifique et on roule souvent à l'écart de la route, parfois uniquement entre cyclistes. Cependant, on remarque que les usagers de cette section sont majoritairement des touristes locaux ou des vacanciers faisant du vélo à la journée (souvent électrique), plutôt que des cyclotouristes équipés pour plusieurs jours. Un conseil, si vous ne devez faire qu'une seule portion, allez à Annecy et faites le tour du lac (éventuellement jusqu'à Faverges). C'est là que l'expérience vaut vraiment le coup.

Faverges – Albertville. En reprenant vers le sud, le charme retombe. On se retrouve vite à longer, puis à rouler sur une départementale qui borde elle-même une voie rapide. On voit toujours les Bauges, c'est beau, mais on est loin de la déconnexion totale que l'on peut ressentir sur la Vélodyssée ou la Loire à vélo, perdu au milieu des forêts.

Albertville – Chambéry. Cette dernière portion est plus préservée. Ce n'est pas magnifique, mais on est moins exposé à la route. Le paysage offre un beau contraste : les Bauges sur la droite, et d'autres massifs (Belledonne, Grande Croix) sur la gauche. C'est plutôt sympa.

Verdict : un énorme potentiel à investir
Globalement, le tour des Bauges manque d'équipements pour se poser (aires de pique-nique, points de vue, zones de bivouac, etc.). On sent que ce n'est pas un parcours pensé de bout en bout pour le cyclotourisme itinérant, mais plutôt une suite de portions utiles aux cyclistes du quotidien et aux sportifs de la journée. Nous avons d'ailleurs croisé très peu de cyclotouristes comme nous.
C'est dommage, car le potentiel est énorme. Le contour des Bauges est magnifique et, avantage de taille, le tour est relativement plat. Contrairement à la traversée du massif qui demande une grosse condition physique, ce tour serait idéal en famille s'il était mieux aménagé et délimité.
J'espère que le département et la région investiront pour créer de nouvelles portions plus éloignées des routes et des zones industrielles, afin de transformer cet itinéraire fonctionnel en une véritable destination cyclotouriste.
Note : toutes les photos sont prises par moi et partagées en CC BY SA