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Bonne rentrée !

Dessin humoristique signé "Soulcié" intitulé "Les portables interdits au lycée". Un professeur à son bureau dit aux élèves : "Vous regarderez ce soir dans Pronote le lien vers la vidéo YouTube et vous ferez le QCM sur le Padlet. Prenez vos ardoises et dessinez votre QR code pour la cantine." Ironie sur l'interdiction des téléphones alors que l'enseignement repose entièrement sur des outils numériques.
Dessin de Soulcié

Avec un peu de retard, bonne rentrée à toutes et tous, et pensée particulière pour les enseignantes et enseignant que je salue !


Je n'ai pas pu résister à la tentation de reprendre ce dessin de Soulcié, qui capture parfaitement les incohérences d'une éducation nationale numérisée à l'excès, alors même qu'elle interdit le portable et prône la déconnexion.

Ce paradoxe, je le soulève depuis quelques années déjà, en prêchant un peu dans le vide, comme avec cet article datant de 2023 (déjà !) : Numérique éducatif et Edtech, à quand la fin de l'acharnement ?

On le voit avec cette rentrée, le numérique à l'école cela veut dire des cyberattaques, des fuites de données (allo la CNIL ??), des pannes, des applications bloquées. S'il faut le répéter, répétons-le : le numérique éducatif n'est pas robuste, il ne peut pas l'être. Il y a trop de données sensibles, trop de valeur à les pirater, trop de tentation pour les cybercriminels. On peut toujours vouloir jouer le jeu du chat et de la souris, en l'occurence des cyberdéfenses contre les cyberattaques, à la fin c'est quand mêmes les cyberattaquant·es qui gagnent. Une seule solution : la décentralisation des données et la dénumérisation. Je suis persuadé qu'on peut maintenir des services numériques utiles au corps enseignant tout en stockant BEAUCOUP moins de données d'élèves.

Comme presque tous les pans de la société, l'Éducation nationale a été numérisée à vue, sans aucune vision ou stratégie de long terme, sans que le numérique ait jamais fait les preuves de sa plus-value pédagogique, et sans tenir compte des externalités négatives (écologiques et sociales notamment). Aujourd'hui, on pourrait en faire le laboratoire d'une transformation alternumérique réfléchie, c'est à dire une transformation numérique qui vise le moins et surtout le mieux (un numérique utile et pas gadget, souverain, éthique, soutenable écologiquement, robuste, etc.). 

Un sujet pour les prochaines échéances politiques peut-être ?