"On m'a dit qu'avoir un blog ça donnait l'air sérieux"
Pour la petite histoire, l’expression « Guerre froide » (Cold war) nous vient de l’écrivain anglais Georges Owell. Elle caractérise une guerre d’une durée exceptionnellement longue (46 ans) et pourtant absente de conflits « majeurs » et surtout « directs » entre les deux blocs opposés, à savoir le monde occidental (USA, France, UK surtout) d’une part, et le monde communiste (URSS, Chine surtout) d’autre part.
Je ne vais pas revenir sur la guerre froide et ses péripéties, bien que ce soit un sujet fascinant et de loin celui qui m’a le plus intéressé au lycée. Je vous renvoie à vos livres d’histoires
Ce qui est plus intéressant, c’est de regarder la situation actuelle, et de se demander ce qui a réellement changé.
Maintenant au niveau des idéologies, rien n’a changé. Voici quelques faits récents d’actualité :
Et puis encore plus intéressant : (c’est une archive du monde alors je vous met un lien au risque de me faire arrêter par le FBI ^^)
Bon je pourrais vous en sortir d’autres, mais je pense que vous avez compris l’idée : il existe toujours de profonds conflits idéologiques entre le bloc occidental d’une part, et la Chinorussie d’autre part. L’exemple le plus frappant reste le blocage permanent à l’ONU de la Chine et de la Russie sur les sujets géopolitiques notamment. Des blocages que j’estime inacceptables. On ne peut pas laisser ces pays continuer à faire du commerce d’arme ou bien à investir dans des pays dictatoriaux.
Ce que je trouve amusant (même si c’est catastrophique), c’est qu’à chaque fois que je pose la question « pourquoi on ne leur force pas la main . », on me répond « mais parce qu’ils nous tiennent par les couilles ». C’est vrai, ils nous tiennent par les couilles… Mais ça, ça ne va pas changer à priori. Ca va même empirer. Nous avons en effet des intérêts inestimables en Chine. Mais nous avons toujours des atouts technologiques, militaires, démographiques (si si !) qu’eux n’ont pas. Pour combien de temps? Tout le monde sait bien que la Chine réinvestit dans le high-tech et l’armée et que, tôt ou tard, nous perdrons ces quelques atouts stratégiques. C’est donc maintenant qu’il faudrait frapper du poing sur la table ! Expliquer (gentiment) à la Chine et la Russie que nous ne pouvons plus admettre des blocages à l’ONU sous prétexte d’intérêts financiers et politiques alors que des populations se font massacrer.
Je tiens à préciser pour conclure cet article que mes propos n’engagent que moi. J’espère me tromper dans mon analyse de la situation géopolitique. J’imagine que j’exagère un peu les choses. Mais je pense qu’il est important que chacun sache que ce qu’il se passe à l’échelle diplomatique est malsain et que tôt ou tard, ça va péter…
« Toutes les civilisations, toutes les pratiques, toutes les cultures, au regard de nos principes républicains, ne se valent pas »
Claude Guéant, 5 février 2012
On pouvait raisonnablement penser (espérer ?) que Claude Guéant en avait fini avec les phrases à portée polémique : eh non ! On a affaire à un vrai récidiviste, et la seule question qu’il convient sérieusement de se poser, c’est si oui ou non les régulières diatribes politiques que nous propose notre ministre de l’intérieur sont réfléchies et calculées, ou bien tout simplement imputable à son tempérament et à son idéologie particulière.
Je tiens vivement à réagir à cette affaire, et ceci pour plusieurs raisons. Ayant connu l’expatriation pendant 8 années en Afrique (Maroc 5 ans, Sénégal 3 ans), j’ai eu la chance de vivre au contact de « civilisations », ou plutôt de cultures, différentes. Différentes religions, différents régimes politiques, différentes coutumes (dont certaines, je l’admet, étaient difficiles à comprendre pour un esprit européen). Je pourrais donc me baser sur cette expérience pour comparer la France, le Maroc, le Sénégal avec mes petits yeux d’occidentaux. Sauf qu’il n’y a rien à comparer, et surtout rien à hiérarchiser.
Il n’y a pas de meilleur système, pas de meilleure façon de vivre. Je me souviendrai toute ma vie de mon voyage au pays Dogon, un peuple semi-sédentaire de l’est malien. Les Dogons vivent dans les falaises de Bandiagara depuis des générations par peur ancestrale des influences islamistes et de la faune africaine (lions, tigres, etc.). En bas, dans la plaine, on ne trouve plus aucun des ces prédateurs depuis des centaines d’années. Ce qui ne les empêche pas de rester dans leurs montagnes et de descendre, imperturbables, récupérer de l’eau tous les jours dans les rivières, pour ensuite remonter dans leurs habitations.
Ce n’est pas la première fois qu’avec ma famille, nous voyagions en Afrique, et nous avions ramené avec nous quelques cadeaux : des stylos, des cahiers, des ballons. Lorsque nous avons donné un ballon à un groupe de jeunes Dogons, leurs regards se sont illuminés. Je n’ai jamais retrouvé en France ou en Europe ce regard rempli de bonheur et de joie de vivre. Sommes-nous, Européens, plus heureux que ce peuple qui vit dans une pauvreté et des conditions de vie extrêmes ? Est-ce que nous pouvons nous permettre de juger que notre système politique et économique, que notre civilisation en général est supérieure à la leur ?
Pour moi, on ne peut pas comparer deux civilisations. On ne peut pas pas comparer des coutumes, des religions, parce qu’il n’y a aucun moyen de le faire objectivement. Ceci est mon premier point.
Mon deuxième point, c’est que selon moi, une civilisation doit s’approcher sous l’angle historique et non pas à une période donnée. C’est à dire que la civilisation française a démarré grosso-modo lorsque les Celtes se sont installés sur notre territoire, rejoints plus tard par les Gaulois, les Romains, les Wisigoths, les Francs, etc. Ce que je veux dire, c’est qu’à mon avis il est réducteur de définir une civilisation à un moment donné. C’est beaucoup trop facile. Une civilisation c’est la marque qu’a laissé un peuple sur l’histoire. C’est de cette façon que je la définirai.
Et c’est là que ça devient intéressant ! Je vous invite à vous intéresser à l’histoire française : croyez-moi ce n’est pas évident à suivre mais surtout, c’est vraiment pas joli-joli ! Hormis les guerres interminables avec ses voisins, l’histoire de France fut marquée de frères royaux qui s’entretuaient à presque chaque génération, de rois qui accumulaient vie indécente, luxe, femmes et maîtresses (on peut, je pense, employer ici le terme « polygamie »). L’histoire de France, c’est aussi l’inquisition et une guerre de religion sanguinaire qui a duré 36 ans. Entre autre. Bref, une histoire chargée qui nous a mené où nous en sommes aujourd’hui.
Où est-ce que je veux en venir ? Depuis quand la France peut-elle se targuer d’être une civilisation, selon Guéant, « supérieure » ? Sans doute pas pendant les années monarchiques où régnaient les excès en tout genre. Sans doute pas pendant la collaboration et le régime de Vichy. Après 45 alors ? Et la décolonisation (guerre d’Indochine), les massacres en Algérie, ça ne compte pas ? On en est à 1962. Ca y’est, on est irréprochables là ! Ah non, on collabore encore avec les dictateurs africains Kadhafi, Moubarak, Ben Ali, Bachar Al assad et compagnie. Donc oui, certes, nous jouons aujourd’hui un rôle louable dans leur libération, mais il serait sans doute un peu trop facile d’oublier des dizaines d’année de collaboration avec ces systèmes politiques « inférieures » (dixit Guéant ^^). Donc la France n’est pas une « civilisation » parfaite, exempte de toute faute, ce qui de mon point de vue lui interdit tout jugement. C’est mon deuxième point.
Mon troisième point, est, qu’en effet, certaines pratiques sont injustes, inégalitaires, voire barbares, sauvages. Je pense bien sûr à la violence faite aux femmes, ou bien à l’excision qui reste une coutume encore très pratiquée dans beaucoup de pays. Nous pouvons nous permettre de juger ces pratiques et les peuples, les sociétés, les cultures qui les maintiennent. Nous pouvons condamner des systèmes politiques qui répriment les droits de l’homme, massacrent leur propre peuple. Mais dire que les civilisations ou que les coutumes en général ne se valent pas n’a aucun sens.
Bref, encore une polémique dont on se serait bien passé. Le débat politique n’en est pas sorti grandi…
Quelle année, mes amis, quelle année !
Alors que 2011 s’achève en France sur la crainte omniprésente de la perte de notre triple A (à ce propos je me demande quel est le pourcentage de Français qui sait réellement ce qu’est le triple A), je propose un petit exercice de mémoire : revivons ensemble les événements marquants de 2011 !
14 Janvier : Après un mois de révolte, le gouvernement tunisien tombe et Ben Ali fuit en Arabie Saoudite. Rappelons que la révolution tunisienne a démarré en décembre 2010 après qu’un vendeur de fruits, Mohamed Bouazizi, se soit immolé par le feu pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorités. Son geste entraina une vive consternation dans le pays, amplement relayée par les réseaux sociaux et les jeunes diplômés. Lien Wikipedia
11 Février : Le président Hosni Moubarak démissionne et est remplacé par son vice président. Les militaires exercent alors le rôle de pouvoir de transition jusqu’à la tenue d’élections démocratiques. (NDR : les révoltes ont repris en Egypte pour protester contre le pouvoir militaire).
15 Février : Début de la révolte en Libye. Le conflit dégénère rapidement entre manifestants et forces de l’ordre.
11 Mars : Suite à un séisme de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, le Japon est frappé par un puissant Tsunami qui ravage plusieurs de ses centrales nucléaires, provoquant des fuites radioactives dans plusieurs centrales. La situation devient rapidement critique à Fukushima Pendant plusieurs semaines, le monde retient son souffle. L’incident relancera le débat de la sortie du nucléaire dans de nombreux pays, y compris la France. Le 30 mai, l’Allemagne devient le premier pays à officialiser son abandon total du nucléaire (dernières fermetures d’usines prévues d’ici 2022).
11 Avril : Laurent Gbagbo est arrêté par les forces républicaines de Côte d’Ivoire. Cet événement met fin aux troubles violents ayant agité le pays pendant plusieurs mois et causé selon certains près de 3000 morts. Pour rappel, Alassane Ouattara avait été élu président suite aux élections du 28 novembre 2010. Laurent Gbagbo avait alors refusé de se retirer à la suite du scrutin. S’ensuivirent plusieurs mois de tensions et de violences progressives entre les deux camps, obligeant les forces française et les troupes de l’ONUCI à intervenir pour protéger les ressortissant étrangers.
2 mai : Mort d’Oussama Ben Laden. L’information prend tout le monde de cours et bouleverse les réseaux sociaux. La mort du terroriste par des forces spéciales américaines lors de l’opération « Neptune Spear » entraine son lot d’affabulation sur les circonstances exactes de l’opération. Le but de l’opération était-il d’arrêter ou de tuer Oussama Ben Laden? Quoiqu’il en soit, la traque aura duré 10 ans.
14 mai : Arrestation de Dominique Strauss Kahn aux USA. La France se réveille incrédule avec une image du dirigeant du FMI menotté, accompagné par deux policiers. S’ensuivra un procès extrêmement dur pour l’homme, pour le parti socialiste, mais surtout pour la France. Dominique Strauss Kahn sera finalement libéré le 24 aout 2011 par le juge Michael Obus qui décide de ne pas poursuivre le procès en raison du « manque de crédibilité du principal témoin[ndr : Nafissatou Diallo]« .
20 octobre : Mort de Mouammar Kadhafi à Syrte. Cet événement surgit alors que les rebelles Libyens, aidés par les forces de l’ONU, contrôlent la majorité du territoire Libyens. Alors qu’il essaye de s’enfuir de Syrte, son dernier bastion, son convoi est bombardé par les forces françaises et américaines. Il est par la suite capturé, vivant selon certains témoignages, mais annoncé mort quelques heures plus tard d’une balle à la tête. Il sera enterré le 25 octobre avec son fils dans un lieu tenu secret.
18 décembre : Retrait des dernières force d’Irak, marquant la fin de l’opération « Liberation de l’Irak » commencée le 20 mars 2003 par le président Georges W. Bush.
Voilà pour moi les événements majeurs de 2011. Alors bien sûr cette liste n’est pas exhaustive et est très subjective ! J’aurais pu insérer la mort de Steve Jobs par exemple
Si vous pensez que j’ai oublié un événement crucial => contactez moi
Lorsqu’on demande sur des plateaux télé à des hommes politiques ce qui, pour eux, est l’événement 2011, j’aimerais entendre plus souvent « Le printemps arabe ».
2011 fut une année très riche en événements, certains effroyables (Fukushima), certains très heureux (mariage princier au Royaume-Uni), et… et puis il y a le printemps arabe qui sort nettement du lot.
Et pour caractériser cet événement, je cite Le Time qui a choisit cette année de mettre à l’honneur tous les manifestants autour du monde :
No one could have known that when a Tunisian fruit vendor set himself on fire in a public square, it would incite protests that would topple dictators and start a global wave of dissent. In 2011, protesters didn’t just voice their complaints; they changed the world.
Ce qui (mal) traduit en français donne : « Personne n’aurait pu imaginer que l’immolation par le feu d’un vendeur de fruit tunisien inciterait des révoltes allant jusqu’à faire tomber des dictateurs et démarrer une vague mondiale de mécontentement. En 2011, les manifestant n’ont pas seulement fait entendre leurs voix, ils ont changé le monde »
Voilà ! Je voudrais conclure cet article avec l’excellente vidéo rétrospective de Google sur 2011. Alors bien sûr c’est du marketing puisque ça met en avant tous les produits Google, mais c’est aussi du très beau boulot, et puis c’est émouvant quand même
Bien joué Google !
edit : Oui, bien sûr, 2011 c’est aussi la crise économique, la crise de l’euro, etc. J’ai choisi de ne pas en parler parce que je pense qu’on est suffisamment bombardé par les médias sur ce sujet.
No one could have known that when a Tunisian fruit vendor set himself on fire in a public square, it would incite protests that would topple dictators and start a global wave of dissent. In 2011, protesters didn’t just voice their complaints; they changed the world.
Le Time n’aurait pas pu mieux choisir. L’événement de l’année 2011 qu’il faut retenir, ce n’est pas Fukushima, ce n’est même pas la crise de l’Euro. C’est plutôt le printemps arabe, ou la preuve que l’aspiration à la liberté ne peut pas jamais être bafouée indéfiniment.
C’est une impression amère que j’ai depuis quelques temps. Une impression croissante. A quoi bon sert l’ONU aujourd’hui ?
Cela ne date pas d’hier, mais les révolutions successives de la Tunisie, l’Egypte, le Bahrain, la Libye et la Syrie ont mis l’accent sur l’exceptionnel immobilisme qui touche aujourd’hui l’organisation internationale.

Pour rappel, l’ONU fut créée à la fin de la seconde guerre mondiale (1945) avec pour objectif de remplacer la très impuissante Société des Nations (créée quant à elle après la première guerre mondiale pour tenter de sauvegarder la paix en Europe… sic). Contrairement à son triste prédécesseur, l’ONU a immédiatement disposé de nombreux avantages : entre autre, le soutien financier, politique des États-Unis (qui avaient refusé de s’impliquer dans la SDN, laissant les européens gérer leurs conflits internes) et un corps militaire propre, les Casques Bleus. Lire la suite »